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Article de Geneviève de Simone-Cornet    AVRIL 2003

Des chemins qui allient réflexion spirituelle et découverte d’une région

Entrer dans la Bible par les pieds

Qu’est-ce la Bible? En quoi me concerne-t-elle? C’est à ces questions et à bien d’autres sur le sens de la vie que veulent répondre les Chemins bibliques et archéologiques du district de Saint-Maurice en alliant marche, réflexion autour du texte biblique et découverte d’une région. Une initiative œcuménique qui s’adresse à tous.

L’idée des chemins bibliques et archéologiques est née en 1993 lors d’une rencontre missionnaire à Yverdon. Très vite l’Abbaye de Saint-Maurice, puis les communes du district ont manifesté leur intérêt et le projet a pris forme sous l’impulsion notamment du chanoine Michel-Ambroise Rey, curé de Massongex et Vérossaz. Une Association des Chemins bibliques s’est constituée, présidée par Vital Darbellay. Elle bénéficie aujourd’hui du soutien de l’Abbaye de Saint-Maurice, de l’Action de Carême, de Missio-OPM, du Groupe de coopération missionnaire en Suisse romande, de Pain pour le prochain, de Regio-Plus et de la Loterie romande.

Il s’agit, par ces chemins, de revitaliser le lien entre l’homme et le divin, faire découvrir le passé de la région, développer les liens entre les dix communes du district et promouvoir la diversification de l’offre touristique existante. Ces itinéraires culturels et spirituels veulent favoriser le cheminement intérieur tout en permettant une découverte du passé d’une région très riche au plan archéologique.

Inscrire la Bible dans une histoire

Balisé, le parcours relie sur 68 kilomètres les dix communes du district de Saint-Maurice. Il compte six étapes. Il faut six jours pour l’accomplir intégralement, de Massongex à Saint-Maurice, avec les expositions et les réflexions proposées, à la fois bibliques et archéologiques. Les premières convient le marcheur à traverser la Bible de la Genèse à l’Apocalypse à la lumière de l’Alliance de Dieu avec les hommes, abordant les interrogations spirituelles de notre temps de manière artistique, scientifique et pédagogique.

Les secondes feront entrer dans la vie quotidienne de la région et donneront une idée de son évolution par le biais d’habitats reconstitués de 3’000 avant notre ère au Moyen Âge. Différentes activités seront proposées pour approcher les aspects de la vie dans les Alpes: agriculture, transhumance, chasse, artisanat, industrie, échanges, nourriture. Des panneaux munis d’un titre et d’une citation biblique balisent le parcours. Un parcours à entreprendre seul, en famille, avec des amis ou en groupe, pour une journée ou plus, avec un animateur pour en saisir toute la richesse.

Des archétypes pour l’homme d’aujourd’hui

N’est pas bon marcheur biblique, «bmb», qui veut! Avant de partir, munissez-vous du livret du bmb, qui donne quelques conseils utiles pour rendre votre marche fructueuse: considérer chaque texte biblique en relation avec les autres textes de la Bible; poser un regard nouveau; ne pas idôlatrer la Bible: elle n’est pas un livre de recettes, mais la Parole de Dieu vivante et agissante au cœur de l’homme.

Le parcours, chronologique, permet de mieux situer les événements qui jalonnent l’histoire du peuple élu. Il propose aussi des figures bibliques, archétypes que le marcheur est invité à découvrir ou redécouvrir: Abraham, Moïse, Joseph, David, les prophètes, Ezéchiel, Jonas, Daniel et Suzanne et des témoins d’aujourd’hui; des «héros» en qui se mêlent le bien et le mal et que Dieu appelle à travers l’épaisseur de leur quotidien. Par elles, le bmb découvre un Dieu qui parle et fait de l’homme son interlocuteur, un Dieu proche qui fait alliance avec l’homme pour toujours, un Dieu fidèle qui pardonne même à celui qui le trahit, un Dieu qui habite le cœur de l’homme, qui veut le salut de toute l’humanité et qui est capable de vaincre les pires dangers et même la mort.

Deux points d’ancrage

Dans chaque village traversé, l’église ou la chapelle est un point de ralliement. Le marcheur, accueilli tantôt par une vidéo, tantôt par un morceau de musique, est invité à admirer les beautés du lieu(x).

Le parcours est balisé par deux points d’ancrage: la Maison des Paluds à Massongex et le jardin des prophètes à Salvan. La Maison des Paluds propose deux expositions: «De la naissance à la mort» et les Bibles du monde. La première, préparée par Othmar Keel, ancien professeur à l’Université de Fribourg, fait entrer le marcheur dans le monde de la Bible par le biais de l’archéologie en présentant les objets qui, à l’époque biblique, marquaient les grandes étapes de l’existence; une grande Torah est visible.

La deuxième exposition, à l’étage, présente la Bible et sa diffusion à travers le temps et l’espace par le biais de ses traductions. Le jardin des prophètes, dans la vallée du Trient, présente les prophètes à l’aide des gestes symboliques qui les caractérisent: Samson et la ruche, Elie et la grotte par exemple. Il et né grâce à la communauté «Aurore»; ces anciens toxicomanes ont préparé des panneaux en se fondant sur les grandes traditions philosophiques et théologiques.

La Bible, un pays à parcourir

«A notre époque de stress, il nous a paru bon de proposer un parcours qui allie santé morale, mentale et physique, ne sépare pas le corps et l’âme. Pour moi, la Bible a aussi un rôle thérapeutique dans notre monde angoissé», souligne Michel-Ambroise Rey. «Il s’agit d’inciter les gens à se mettre en route vers eux-mêmes, vers les autres et vers Dieu» à travers la découverte d’une belle nature et une réflexion sur le sens de la vie. De les inviter à faire mémoire pour découvrir comment Dieu vient à leur rencontre aujourd’hui par la Bible, comment il parle à leur cœur et les invite à faire alliance avec lui. Pour cela, il faut laisser résonner en soi le texte biblique et accepter d’entrer dans un pays inconnu. Les Chemins bibliques et archéologiques se veulent une aide dans cette démarche.

Geneviève de Simone-Cornet    

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Journal du Chablais du 12 octobre 2001

Un autre regard sur la Bible

Les Chemins Bibliques sillonnent le district de St-Maurice depuis quelques mois. Peu à peu le projet prend forme, grâce également à des dons.

"C'est un parcours unique au monde qui vise à montrer aux gens que la Bible n'est pas qu'un gros livre ennuyeux et à provoquer une vraie discussion autour de ce sujet", explique le chanoine Michel-Ambroise Rey, curé de Massongex et de Vérossaz, l'un des initiateurs des Chemins Bibliques et Archéologiques. A l'état de projet depuis 1993, ils ont accueillis leurs premiers visiteurs dès le mois de mai de cette année. L'association entre la Bible et l'archéologie peut paraître surprenante. Cependant, elle répond à une demande du public qui a un réel besoin de concret pour comprendre l'aspect symbolique des écritures. "Nous collaborons avec un archéologue sur ce projet. A l'origine, nous voulions montrer des objets du Moyen-Orient, de l'Ancien Testament, mais il nous a conseillé de donner une image du Chablais tel qu'il était à l'époque d'Abraham ou de David." Toujours dans un souci d'offrir des représentations concrètes de l'interprétation des textes, le chanoine Rey, regorgeant d'idées et d'enthousiasme, désire intégrer la musique, la sculpture, la peinture et même la cuisine aux thèmes de réflexion proposés. "Ainsi, nous proposerons à nos visiteurs des recettes de cuisine dénichées dans la Bible et conservées grâce à la tradition orale", précise le chanoine. Cette interactivité devrait également être renforcée dès l'an prochain avec l'installation, dans les églises de chaque étape le parcours, de bornes interactives présentant à chacun le parcours, les thèmes choisis et d'autres informations utiles.

Le parcours

Le centre névralgique des Chemins se trouve à la maison des Paluds à Massongex. Louée à l'année à l'Abbaye de St-Maurice, elle renferme diverses expositions sur la création. On peut notamment y admirer un splendide module représentant la conception du monde selon les Grecs et les Romains. En effet, les organisateurs ont voulu y ouvrir la discussion. Outre les idées anciennes, on trouvera des explications scientifiques sur l'origine de l'univers ou encore les représentations égyptiennes des débuts de la vie. De là démarre le cheminement proprement dit. La première étape, seule pratiquée jusqu'ici, mènera les marcheurs jusqu'à Vérossaz. La seconde partie du projet déjà réalisée se situe à Salvan, où, en collaboration avec l'association Aurore regroupant d'anciens toxicomanes, une boucle de douze panneaux originaux, peints à la main, a été réalisée autour du thème du "Jardins des prophètes". Dans un futur proche, les dix communes du district devraient être reliées par un parcours de 68 kilomètres, jalonné par 45 panneaux. "Dans l'idéal, on peut faire le tour en 4 jours. Mais chaque étape peut être prise individuellement", ajoute le chanoine Rey.

Si on constate qu'une grande majorité de l'ensemble est encore à l'état de projet, le curé ne s'affole pas pour autant: "C'est quelque chose qui devra durer des siècles, nous ne sommes pas à quelques mois près. L'aventure est lancée et nous avons l'hiver pour peaufiner les détails. Tout sera donc prêt pour le printemps."                                 O.Hugon

Un don de 10 000 francs

Cet après-midi, au cours d'une petite cérémonie, l'union des banques Raiffeisen remettra aux responsables du comité des Chemins bibliques et archéologiques, présidé par Vital Darbellay, ancien conseiller national, un chèque de 10 000 francs. "Bien que nous travaillions essentiellement avec des bénévoles et que nous réduisions nos coûts de fonctionnement au minimum, des projets tels que les bornes interactives sont relativement onéreux et cet argent sera donc le bienvenu", se réjouit le chanoine Rey. A noter que le projet a été soutenu jusqu'ici par différents organismes, tels que Regio Plus, la Loterie Romande, l'Abbaye de Saint-Maurice ou encore l'Action de Carême et ceci afin de couvrir un budget qui s'élève à quelque 700 ou 800 000 francs. L'Université de Fribourg a également prêté plusieurs objets anciens.

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 Article paru dans le magazine le Vendredi   du 15 juin 2001

Heureux les bons marcheurs...

L’Association des chemins bibliques et archéologiques, à Massongex, aménage progressivement ses itinéraires pédestres qui proposent des sujets de réflexion, bibliques ou non, aux promeneurs. Expérience vécue sur le premier parcours, entre Massongex et Daviaz.

Chemin biblique Massongex-Vérossaz, acte 1: «Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.» Au commencement du cheminement pédestre et biblique, donc, entre terre longeant la voie ferrée et cieux lorgnant du côté de Daviaz, la première fresque biblique verse dans l’Ancien Testament. Un accorte préambule à plat, donc. Puis le sentier prend de la hauteur et les fresques des artistes belges Jean Torton et Claude Lambert, à la croisée des chemins, redescendent dans le monde profane. En couleurs et en aparté scientifique: «Notre terre est apparue il y a environ quatre milliards et demi d’années...» Ambiance.

Dix étapes pour 88 kilomètres

D’une lieue (parfois escarpée) à l’autre, la création se partage entre science et religion. Sans inimitié et pour une perche salvatrice tendue au plus grand nombre: «Les thèmes choisis, en relation avec la création, offrent des sujets de réflexion aux promeneurs. Nous n’avons pas pour intention de dispenser un enseignement moral. C’est juste un guide. Libre aux promeneurs de faire leurs propres cheminements intérieurs.» Curé de la paroisse de Massongex et l’une des chevilles ouvrières de l’Association des chemins bibliques et archéologiques du district de Saint-Maurice (présidée par Vital Darbellay), Michel-Ambroise Rey chemine prudemment sur les pas de la genèse pédestre: «L’association a vu le jour afin de mettre des lieux en relation avec des personnages et des scènes de la Bible.» En vedette, donc, les chemins pédestres et infrastructures existant sur les dix communes du district d’Agaune pour un parcours d’une longueur de 88 kilomètres divisé en dix étapes de refléxions bibliques et existentielles. Le tout dans l’ordre chronologique et pour un préambule massongéroud, afin de guider les marcheurs sur les traces des quarante tableaux du parcours...

Par hasard et en rase campagne, le troisième tableau, «La violence est apparue sur la terre», s’engouffre dans les taillis touffus des contreforts de Daviaz. Le cheminement intérieur prend des allures de chemin de croix pour le promeneur néophyte... Favoriser le cheminement intérieur des individus, certes, mais avec les chaussures adéquates et la volonté qui déplace des montagnes de réflexions: «J’aimerais que les chemins bibliques deviennent un modèle d’antitourisme, que les gens prennent le temps de se parler et d’échanger. Nous ne voulons pas de marcheurs qui se contentent de consommer...»

Cuisine biblique?

Chemin biblique, acte IV: «Le déluge! Cataclysme ou renaissance?» L’Ancien Testament poursuit sa route sur les pas des marcheurs. Déluge ou non, le jardin d’Eden de Daviaz est proche. Avec un avenir en musique ou en festin autour de la fontaine originelle... Le banquet de Salomon pour accueillir dans l’allégresse la reine de Saba, selon Michel-Ambroise Rey: «En parallèle aux sentiers pédestres, nous pourrions aussi envisager de redécouvrir la musique biblique, voire la cuisine de la Bible, celle de la tradition orale qui a toujours été assurée...»

Vous reprendrez bien un petit supplément du «Repas de Marthe», donc, avant d’enchaîner sur le deuxième parcours des chemins bibliques, entre Daviaz et Vérossaz, où l’on présage un «Tous enfants d’un même Père!» Les thèmes s’enchaînent après avoir été soumis à l’approbation d’ecclésiastiques: «C’est une commission théologique qui s’est penchée sur les textes accompagnant
les fresques installées tout au long du parcours
».

Corollaire entre le profane et le religieux, les chemins seront aussi «archéologiques» et devraient présenter dans le futur... le passé et l’évolution de l’habitat valaisan, depuis 3000 ans avant notre ère jusqu’au Moyen Age, avec, notamment, «la création d’un petit village du néolithique dans la région de Vérossaz», précise Michel-Ambroise Rey. Dans le futur, car cette exploitation sous forme de tourisme doux est largement dépendante d’espèces sonnantes et trébuchantes (avec un sérieux coup de main de la Loterie romande ou de Regio-Plus), donc l’an prochain, probablement: «L’objectif à terme est de faire appel aux artistes locaux. Mais cela prend beaucoup de temps et il fallait bien que l’on se lance un jour ou l’autre...» conclut le curé de Massongex. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Heureux les artisans de paix, qui, à la force du jarret...                                                                                                       Sébastien Jordan

Big Bang divin et scientifique

Au commencement, donc, se trouve la Maison des Paluds, à Massongex, siège de l’Association des chemins bibliques et archéologiques et terre d’accueil de l’exposition «Big et Bang et Création». Véritable porte d’entrée sur le cheminement intérieur des 88 kilomètres du parcours, l’exposition met en vitrine les aspects religieux (comme un rouleau de loi de 35 mètres de long) et archéologiques (évolution des lampes à huile dans l’Antiquité). Un don du ciel fribourgeois: «L’université de Fribourg est tout heureuse de mettre à notre disposition des objets de l’institut de théologie, dont cette fameuse tora de 35 mètres de long!» s’enthousiasme encore Michel-Ambroise Rey.

D’une porte à l’autre s’ouvrent des thématiques diverses sur l’origine du monde. Du big bang divin à celui de la science, il n’y a qu’un pas que les chemins, par la suite, franchissent allégrement. Dans le même ordre d’idée, la Maison des Paluds devrait accueillir l’an prochain une exposition sur les animaux de la Bible, déjà présentée avec succès sous des cieux alémaniques.

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Article paru dans l’Echo

Sur 68 kilomètres du district de Saint-Maurice ont été créés des Chemins bibliques et archéologiques. Un parcours didactique sur le thème de la Bible et du passé régional.

L'association des «Chemins bibliques et archéologiques» propose un tourisme interactif, culturel et ludique, sur un parcours de 68 kilomètres entre dix communes de la région de Saint-Maurice. Chacun peut faire le parcours, de la demi-journée à la semaine. Ces chemins sont à la fois bibliques, répondant à des questions existentielles, et archéologiques, en évoquant les changements des conditions de vie en Valais, de 3000 ans avant notre ère jusqu'au Moyen Age.

Le formidable enthousiasme de gens du coin a présidé à cette création. L’association des «Chemins bibliques», présidée par Vital Darbellay, ancien conseiller national, réunit des personnalités locales. Elle a son siège à la Maison des Paluds à Massongex, route de Chambovey 2. C’est de là que démarre le parcours. On y découvre une exposition intitulée: Big et Bang et Création (ouvert du lundi au vendredi de 14.00 à 17.00 et sur demande téléphonique au (079) 662 19 70). On peut aussi commencer l’itinéraire à Salvan, puisque l'association d’aide aux toxicomanes Aurore s'est jointe aux chemins.

C’est grâce au soutien financier de divers partenaires que cette opération a vu le jour: la Loterie romande, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain, Missio - OPM, l'Abbaye de St-Maurice ainsi que le Groupe de coopération missionnaire et les Caisses Raiffeisen du Valais. (com)

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